14ème dimanche ordinaire

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 8/07/18
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2017-2018

Où est-il ? Qu’est-il devenu ? Aurait-il disparu ? De qui je parle ?, mais de saint Joseph, bien sûr.  Relisez l’évangile ! Les juifs dans la synagogue se demandent après avoir entendu Jésus : « d’où cela lui vient-il ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? » Ils ne parlent pas de Joseph.  Il a disparu de leur mémoire. 

Sans doute est-il mort.  On ne parle de Joseph que dans les évangiles de l’enfance, avec l’Annonciation et la Nativité, lors de la disparition de Jésus au Temple quand il avait douze ans.  Mais après cela, fini : Joseph a disparu.  Quand Marie et sa famille cherchent Jésus, on ne parle pas non plus de Joseph (Marc 3, 31 – 35).  Peut-être est-il mort pendant la vie privée de Jésus, avant que Jésus ne sorte et n’aille se faire baptiser par Jean-Baptiste pour commencer ainsi sa vie publique.

On ne parle plus de Joseph parce qu’il n’a rien fait d’extraordinaire, semble-t-il, alors que les gens de Nazareth chassent Jésus parce qu’il fait des choses extraordinaires.  Jésus n’est pas reconnu comme le Messie parce qu’on le connaît trop bien, et Joseph est oublié parce que personne ne l’a jamais connu.  Et pourtant, il y a tant de choses à apprendre, et je vous invite à le faire à travers la prière des sept douleurs de Joseph.

C’est une vieille forme de prières qui a été développée par des franciscains qui étaient en danger de mort pendant un voyage.  Une fois qu’ils échappèrent à la mort, ils répandirent cette forme de dévotion.  Elle est intéressante parce qu’elle associe l’attitude de saint Joseph à sept événements de sa vie, et on peut voir comment, devant une catastrophe, il réagit en la transformant en une grâce. 

Regardez ! Quand Joseph découvre que Marie est enceinte, il veut la répudier en secret, mais un songe lui demande de garder sa fiancée et d’accepter l’enfant qui va naître d’elle : il apprend que cet enfant sera « celui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1, 21).  Et Joseph prit chez lui Marie et le Sauveur du monde put naître dans une famille humaine.  Joseph avait transformé une catastrophe en une source de salut.  Réfléchissons à certaines des situations dans lesquelles nous avons été plongés et que nous avons pu transformer en une nouvelle aventure.

Il en est de même pour la Nativité.  On peut facilement imaginer la honte et la gêne de saint Joseph qui ne trouve pas de chambre pour loger Marie prête à accoucher.  On peut imaginer son désespoir d’être perdu ainsi dans la nuit, loin de tout village où acheter de quoi manger et de quoi réchauffer la mère épuisée et l’enfant qui vient de naître.  Et pourtant, voilà que, dans la nuit, des ombres s’agitent : ce sont les bergers qui viennent adorer l’enfant nouveau-né.  Et, après cela, ce sont les mages qui arrivent.  Lui, Joseph, qui avait été rejeté de toutes les auberges, et c’est lui qui maintenant accueille des étrangers.  La souffrance du dénuement a fait place à la richesse de son hospitalité. 

Et il en est de même pour la Circoncision, la Présentation au Temple, le Fuite en Egypte, l’installation à Nazareth et la disparition de Jésus au Temple de Jérusalem.  Là, se manifeste sans doute toute la tendresse de saint Joseph pour Jésus, devenu adolescent.  Il aurait pu éprouver de la rancune et de l’aigreur pour cet enfant qui a détruit sa vie.  Jamais, lui, Joseph, n’aura d’enfant vraiment à lui, ni de femme vraiment à lui.  Mais il a vraiment accepté cet enfant, il en a fait son propre enfant.  Et c’est avec inquiétude qu’il l’a recherché avec Marie, sa véritable mère.  Il y avait l’angoisse de la disparition.  Il y a eu la joie des retrouvailles, la découverte de toute la place que cet enfant pouvait occuper dans sa vie.

Et voilà que Joseph se met à pardonner, oui, pardonner à la vie et aux autres toutes les situations humiliantes et difficiles qu’il a dû subir et assumer, mais qu’il a eu la grâce de transformer en bénédictions non seulement pour lui, mais aussi pour les autres.  Oui, toutes ces situations difficiles qu’il a assumées, ont été pour lui comme des défis qu’il fallait relever non pas comme un combat qu’il lui fallait mener contre les autres, mais comme une bénédiction qu’il allait pouvoir apporter aux autres.

Les juifs de Nazareth ne l’ont pas accueilli et Jésus n’a pas pu faire de miracles.  Saint Joseph a accueilli Marie et son fils inconnu, et lui, le petit charpentier de Nazareth, est devenu une source de salut.

 


 

Dernière homélie

Homélie du 17 juin 2018
par le frère Laurent Mathelot