15ème dimanche ordinaire

Auteur: Philippe Cochinaux
Date de rédaction: 15/07/18
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2017-2018

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient imaginer, l’annonce de l’évangile, la prédication de la foi ne sont pas réservées à quelques spécialistes. Il ne faut pas avoir fait des années d’études en théologie pour respirer de Dieu, pour transpirer de Dieu.  La prédication n’est pas d’abord la transmission d’un savoir, elle est une contagion de ce qui se vit au plus profond de nous, dans cette relation intime avec notre Dieu.

Que nous le voulions ou non, quoique nous fassions, nous prêchons.  C’est ce que Jésus avait compris en envoyant ses disciples deux par deux.  En effet, lorsque le Christ les envoie, il ne leur donne pas le contenu doctrinal de leur prédication. Mais il entre dans les détails concernant leur « manière d’être ». Il se préoccupe d’abord et avant tout de leur style de vie. Un peu comme si nous étions à notre tour inviter à enseigner par la manière dont nous nous comportons.  Si nous sommes avares, médisants, peu scrupuleux, fainéants et si nous sommes connus, reconnus comme chrétiens, nous prêchons. Nous prêchons, c'est vrai, mais par de telles attitudes, nous prêchons contre Dieu. La prédication n'est donc pas d’abord une affaire de paroles, de phrases bien construites.  Elle est avant tout une question  d’attitudes. Si notre comportement va à l’encontre de notre foi, si notre comportement  va à l’encontre des commandements de l’Évangile, notre prédication devient alors un contre-témoignage et par notre manière de vivre, nous faisons reculer la bonne nouvelle du Royaume. Pire, nous éloignons nos contemporains de cette possible rencontre avec Dieu.  Par contre, si nous sommes attentifs, compatissants, respectueux, miséricordieux, nous prêchons également. Une lumière dans un regard, un geste de tendresse, disent souvent beaucoup plus que des mots.  Cette fois, nous sommes en cohérence avec ce que nous proclamons.  De la sorte la prédication n’est pas un temps de la journée, voire même de la semaine, notre prédication se doit d'être à l’œuvre à toute heure du jour. Il y va de la crédibilité du message évangélique car chaque prédicateur, chaque chrétien témoignant de sa foi doit pouvoir se dire dans son for intérieur : « qui me voit, voit le Christ » comme Jésus a dit « qui me voit, voit le Père ».  Dieu passe par chacune et chacun de nous.  Il ne peut se passer de nous pour que son message continue d’être annoncé et proclamé aujourd’hui dans notre monde. D’ailleurs, comme le montre l’histoire d’Amos et des autres prophètes, l’envoyé est traversé, non d’abord par un message à transmettre, une bonne nouvelle à partager, mais plutôt par une présence qui l’habite.  Cette présence est libérante et lui permet de combattre et dépasser un ensemble d'infirmités de son humanité. Nous avons à nous en libérer pour nous-mêmes et ensuite voir comment libérer celles et ceux de qui nous sommes proches.  Seuls nous ne pouvons rien, à deux, ou mieux encore, à Dieu, tout devient possible. Veillons à nous libérer de tout ce qui nous retient prisonniers, de tout ce qui nous empêche de vivre notre vie, d’être pleinement nous-mêmes, de nous épanouir et de vivre ce bonheur promis.  C’est tout simplement cela « être sauvé ».  L’évangile vient également nous libérer de toutes ces entraves car il est avant tout une parole de liberté.  Liberté pour soi, liberté pour l’autre, liberté pour Dieu.  Dès l’instant de notre création, le Père nous a octroyé cette liberté pour que nous puissions participer activement à son œuvre.  Telle est l’invitation à la conversion qui nous est faite dans l’évangile de ce jour.  Se convertir, signifie « se retourner l’esprit », opérer un changement intérieur, changer le cap de nos mentalités, revoir nos priorités. Et notre propre conversion passe par de nécessaires libérations. Comme nous le constatons, toute prédication commence par un travail sur soi, par une présence à soi, par une libération de soi.  Ceci ayant été accompli, nous devenons alors de véritables témoins de la Parole de Dieu.  Il s’agit de bien plus qu’une homélie.  Il s’agit d’un témoignage de vie.  Il s’agit du témoignage de notre vie. Amen 

Dernière homélie

Homélie du 17 juin 2018
par le frère Laurent Mathelot