33ème dimanche ordinaire

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 14/11/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

C’est effrayant ! Chaque fois que Jésus évoque son retour glorieux, c’est sous la forme de catastrophes : « le soleil s’obscurcira, la lune pâlira, les étoiles tomberont du ciel ».  Et ce n’est pas mieux avec saint Jean.  Quand il parle de la fin du monde, c’est l’apocalypse : la terre tremblera, les montagnes s’effondreront, les villes brûleront et les gens mourront par milliers.  Cela ressemble à une grande catastrophe atomique.  C’est la fin du monde.  Tout explose.  « Non merci, Jésus ! Reste chez toi », voilà ce qu’on a envie de lui dire.

            Et pourtant au-delà de cette littérature catastrophiste, n’y a-t-il pas quelque chose de vrai et de profondément humain dans toutes ces images effrayantes ? Regardez Roméo et Juliette.  Demandez-leur comment s’est passée leur première rencontre.  Roméo dirait : « tout s’est éteint brusquement.  Dans cette salle où il y avait tant de monde, tant de bruit, soudain tout s’est arrêté.  Il n’y avait plus qu’elle, Juliette, la lumière dans la nuit, le silence au milieu de tant de bruit ».  Et Juliette, que dirait-elle ? « La splendeur de son regard, l’éclat de son sourire m’ont envahie comme un torrent qui submergerait tout un village.  La force de sa présence était telle que j’en étais paralysée.  Je ne savais plus qui j’étais ».  Oui, il y a des rencontres qui sont bouleversantes et presque destructrices.

            Il en est de même pour la nature.  Comment voulez-vous que, lorsque Dieu, créateur du ciel et de la terre, lui qui a déchaîné le déluge et qui a écarté les eaux du Jourdain pour permettre au peuple élu de pénétrer en Terre promise, comment voulez-vous que ce Dieu puisse paraître et laisser toute la création indifférente ? Un tel Dieu ne peut que tout écraser autour de lui quand il apparaîtra.

            Et c’est vrai qu’il y a des amours qui détruisent comme celui de Roméo et de Juliette.  L’un et l’autre étaient tellement bouleversés qu’ils ne pouvaient plus se relever.  C’était comme un tsunami.  Le choc ressenti allait s’exprimer par un immense raz-de-marée qui allait les emporter.
            Mais est-ce vraiment cela, le retour du Christ ? Une catastrophe atomique qui devrait tout détruire et ne rien laisser derrière lui ? Non, puisque le livre de l’Apocalypse lui-même annonçait la venue d’une nouvelle Jérusalem, celle du ciel.  C’est comme avec saint Paul.  Quand il s’appelait encore Saul, il était en route vers Damas.  Jésus lui apparut et Saul tomba par terre.  Il fut même aveuglé par cette rencontre, et c’est l’amour d’un frère qui lui rendit la vue (Actes 9).  Il en sera de même à la fin des temps  quand Jésus reviendra.  Il renversera les tours d’argent et les forteresses militaires.  Il consolera l’enfant qui pleure, il redressera la femme humiliée, il guérira tous les hommes blessés.  La venue du Christ ne remplacera pas le monde d’aujourd’hui par une nouvelle dictature.  Il remplacera les étoiles du showbiz et de la politique par le soleil de son amour.  Oui, le soleil peut éblouir.  Il faudra apprendre à le recevoir, à le regarder, à le laisser entrer dans nos vies et dans nos cœurs.

            Le plus difficile dans la vie, ce n’est pas de faire et d’agir, mais d’accepter d’être aimé et de se laisser transformer par celui qui nous a tout donné, la vie, Sa vie et son amour pour l’éternité.

 

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