Baptême du Seigneur

Auteur: Stéphane Braun
Date de rédaction: 9/01/22
Temps liturgique: Temps de Noël
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

 

L’histoire va vite ! Il y a quinze jours, on fêtait une naissance. Et ce dimanche il s’agit déjà de la célébration du baptême d’un adulte. Le temps va vite et il y a vraiment urgence.

Urgence pour deux raisons. La première, c’est que le peuple juif en a marre de cette occupation romaine qui n’en finit pas. Marre des brimades, des privations de liberté, de ces gouverneurs romains qui ne pensent qu’à leur reconnaissance par l’empereur et à leur avancement, de ces impôts payés dont ils ne voient pas le fruit, etc. …

Bien sûr, il y a des prophètes qui annoncent la venue d’un sauveur. Mais on attend toujours !

Et voilà qu’un certain Jean parle autrement. Il n’a pas peur. C’est un tribun qui attire les foules et ose défier l’autorité romaine. Hérode ne le lui pardonnera pas !

Jean est au bord du Jourdain. Il prêche un baptême de conversion. Il est temps de changer de vie, de reconnaître ses péchés en demandant le pardon de Dieu. Il faut être prêt pour la venue imminente du Messie, le sauveur tant attendu.

Jésus, à peine connu par quelques-uns, est dans la foule. Il est immergé dans l’eau du Jourdain et est baptisé par Jean comme tout le monde en signe de repentance.

Petite parenthèse sur le sens de l’eau employée pour le baptême. L’eau fait partie de toutes les religions et spiritualités du monde. Parce que l’eau, c’est la vie. Vivre sans eau est impossible. Et pourtant, l’eau n’a ni couleur, ni odeur. On peut extraire de l’eau de beaucoup de chose … Mais en faire en quantité est quasi impossible. A l’époque de jean, l’eau était aussi mystérieuse et faisait peur. L’eau du Jourdain était boueuse et trouble. Et les profondeurs du lac de Tibériade étaient insondables et mystérieuses. Les pécheurs en remontaient de drôles de bêtes. Les tempêtes causaient des naufrages. C’était le refuge du diable.

Le baptême de Jean se faisait par l’immersion dans l’eau trouble de la peur et du péché de notre humanité pour en surgir dans l’éclaboussement d’une eau nouvelle et fraîche, source de vie.

Le baptême de Jésus était donc, dans un premier temps, dans le contexte du baptême de jean. Avant de commencer sa vie publique, il fallait qu’il s’immerge dans l’eau trouble de notre humanité.

Et nous voilà dans la deuxième raison de l’urgence du baptême.

Après son surgissement de l’eau, Jésus est en prière. En lien, en relation avec celui qui l’a envoyé.

Et les cieux s’entrouvrirent, nous dit l’évangile.

Un peu comme une porte qui s’ouvre à une main tendue pour nous sortir de l’eau et prolonger autrement la relation.  Et puis cette parole venant du ciel : « tu es mon fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ».  Aujourd’hui, je t’ai engendré … Aujourd’hui, je t’ai donné ce qui vient de moi. Aujourd’hui, Je t’ai donné la vie.

Dans le baptême, l’eau indispensable à la vie en rejoint le cadeau de sa source.

Jean disait : « Moi, je ne vous baptise qu’avec de l’eau. Mais Lui, vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ».

Le feu, celui qui brule dans le cœur quand on est amoureux. Le feu qui embrase la vie et projette dans les bras de l’autre. Le feu qu’on peut réactiver quand il devient braise. Le feu qui remplira d’énergie le cœur des disciples à la Pentecôte.

Le feu qui aujourd’hui descend du ciel, nous est donné, non pas comme un éclair dans l’orage, mais gracieux, léger et doux comme une colombe.

La « Trinité » Père, Fils et Esprit. Trois personnes pour nous faire entrer dans l’expérience qu’elles ne sont qu’une dont nous devenons partenaires et donc responsables. Il s’agit de Dieu lui-même qui est l’Amour.

Le baptême est donc bien plus qu’un cachet sur le passeport du chrétien.

 

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