Marie, mère de Dieu

Marie, mère de Dieu Philippe Henne

La liturgie ne manque pas d’humour. Voilà qu’aujourd’hui le premier jour de l’an nous célébrons Maire, mère de Dieu.  On s’attendrait à avoir de grandes lectures solennelles avec la description d’un palais impérial et d’une cour céleste avec des milliers d’anges en train de souffler dans des trompettes, de taper sur des tambours.  Rien du tout : à la place d’un palais, une étable ; à la place d’un trône, une mangeoire ; à la place d’anges jeunes et beaux, des bergers pas très beaux, pas très propres et pas très honnêtes.  A l’époque de Jésus, les bergers avaient tellement mauvaise réputation que leur témoignage n’avait aucune valeur légale.  Marie aurait certainement préféré une autre compagnie que celle de ces bergers peu recommandables.         

Car elle est bien seule, la Vierge Marie.  Bien sûr, il y a Joseph qui est là.  Mais pour un accouchement, un homme, un charpentier, ce n’est pas très utile.   Non, elle aurait certainement préféré avoir sa mère auprès d’elle.  Elle s’y connaît en enfant.  Elle l’aurait aidée.  Elle l’aurait soutenue.  Marie aurait aimé avoir auprès d’elle ses cousines et ses voisines.  Cela aurait fait du bruit, beaucoup de bruit.  Mais elle n’aurait pas été seule.  Et ce sont des bergers, des gens frustes et grossiers, pas très propres qui sont là autour d’elle et de son petit enfant.  Et elle n’a pas peur.  Car elle ne se fie pas aux apparences.  Elle reçoit de la part des bergers de l’attention, du respect et même un peu de tendresse. 

Car ces hommes ont tellement l’habitude d’être rejetés et méprisés qu’ils savant qu’il ne faut pas se fier aux apparences.  Quand les anges leur ont annoncé qu’un sauveur était arrivé et qu’ils ont vu un petit bébé, cela ne les a pas étonnés. Il ne faut pas se fier aux apparences.  Une mangeoire, c’est pour les animaux, et c’est le trône du sauveur du monde.  Un petit bébé qui passe une nuit d’hiver dans une étable balayée par le vent et le froid, mais il va attraper un rhume, une pneumonie, il va mourir et pourtant c’est lui le sauveur du monde.  Et ce sauveur du monde, il a pour seule et unique protection une jeune femme épuisée par l’accouchement.  Mais cela n’étonne pas les bergers.  Il ne faut pas se fier aux apparences.

Marie est la mère de Dieu parce qu’elle a donné naissance à Jésus, qui est le fils de Dieu, mais elle réalise déjà ce que l’Eglise doit toujours et partout réaliser : rassembler les hommes et les femmes humiliés et déshonorés pour leur rendre leur véritable dignité, celle d’enfants de Dieu.


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