Assomption de la Vierge Marie 

Auteur: Croonenberghs Didier
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : A, B, C
Année: 2010-2011

Pour méditer sur le mystère de cette fête de l'assomption, je pourrais vous parler des icônes russes et des merveilleuses représentations de ce que le tradition orthodoxes appelle la dormition de Marie. Mais je serai heureusement plus simple et concret ce soir... Je ne vous parlerai pas d'icônes mais de poupées russes : ces figurines creuses en bois qui contiennent à l'intérieur des figurines similaires mais de taille de plus en plus petite.

Nous serions le 1er janvier-- la fête de Marie mère de Dieu-- je pourrais comparer Marie à la poupée la plus grande, celle qui contient et porte en son sein celui qui porte Tout... Mais aujourd'hui, Marie me fait plutôt penser à la plus petite des figurines : celle qui se laisse envelopper par plus grand qu'elle, celle qui assume l'histoire qui la dépasse, et qui pourtant reste véritablement au centre du jeu !

Car ce qui est extraordinaire dans le Magnificat, --le cantique dans l'Evangile que nous venons d'entendre-- c'est que Marie, l'humble servante, se voit elle-même au centre de l'½uvre de Dieu. Son humilité ne la met pas à côté, en dehors du jeu, comme nous pourrions parfois le faire, mais bien au centre !
Comme pour les poupées russes, le plus petit reste au milieu et il faut disperser ce qui est grand pour accéder au centre. Marie renverse donc toute logique : « Le puissant fit pour moi des merveilles. » dit-elle. Elle, qui est au c½ur de la promesse de Dieu, c'est par son humilité qu'elle découvre l'½uvre de Dieu au c½ur de sa vie. 

« Désormais, les générations me diront Bienheureuse ! » s'écrie-t-elle. Par sa confiance, Marie nous offre donc un merveilleux chemin de reconnaissance de tous nos dons reçus.

Quant à nous, face à la promesse de vie que Dieu nous fait, nous pouvons être traversés par deux réactions. Nous pouvons soit consommer ce don de Dieu, garder cette vie pour nous ; cependant, par notre humilité, nous pouvons aussi assumer ce don de Dieu. Assumer ce don, assumer sa vie, c'est découvrir que nous ne nous appartenons pas car nous sommes inscrit dans une destinée plus grande que nous ne l'imaginons.

Dans la vie, il y a donc ceux qui prennent, qui assument, qui accueillent en eux la présence du mystère qui les dépasse. Ce sont tous ces passeurs, ces porteurs, ces personnes qui se sentent visitées par quelque chose de plus grand qu'elles et qui à leur tour, sont capables de le porter les autres. Tel est bien le chemin d'humilité qu'emprunte Marie, qui par son abaissement a su accueillir en elle le très haut et le porter au monde.


Mais d'un autre côté, il y a ceux qui, plutôt qu'assumer, ne font que consommer et prendre leur vie pour eux. C'est la prétention de ceux que Luc appelle les superbes, les puissants : ceux qui prennent leur vie pour eux, qui consomment l'humain, et se consument.

Ceux qui consomment la vie pour eux-mêmes sont consumés par elle.
Par contre, les humbles qui assument leur vie, sont comme assumés, relevés par elle.
Voilà la logique de l'Evangile.

Assumer sa vie, c'est donc la remettre à plus grand que soi,
c'est accepter que quelque chose de plus grand que nous
est au plus profond de nous et nous porte ;
c'est reconnaître que nos vies sont visitées par Celui qui fait des merveilles ; assumer sa vie, c'est découvrir que d'une stérilité,
que d'un chemin sans issue,
peut jaillir une promesse d'un amour qui ne défaille pas.

Alors que consommer, c'est dévorer le plus petit...
Assumer, c'est intégrer en soi le plus grand.

Si l'assomption est ce mystère de Marie « élevée au ciel »,  cette fête ne nous invite pas à monter dans les nuages, mais à mettre un peu de ciel sur la terre, à nous laisser visiter par l'Esprit pour devenir comme Marie, enceints de Dieu, et nous laisser habités par sa présence. Marie n'a pas cru en un Dieu merveilleux, mais en un Dieu qui fait merveille et nous visite sur cette terre pour relever ce qui est abaissé.

Alors, en cette fête de l'assomption, réjouissons-nous car
nous sommes faits pour l'éternité,
cette éternité déjà présente au plus profond de nous
dans une humanité pleinement vécue.

Quittons nos modes de consommation,
pour construire un monde d'assomption,
un monde qui assume et accueille la présence
de ce qui est plus grand que lui et qui le dépasse. Amen.

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