30eme dimanche ordinaire (B)

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 31/10/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

Voilà bien une image révoltante de la religion : avoir devant soi un Dieu terrifiant ! Comment peut-on parler d’amour avec un Dieu qui fait peur ? Comment être heureux s’il faut toujours se cacher devant un juge sévère ? De toutes façons, Jésus avait dit le contraire.  Quand il apparaissait après sa résurrection, il disait toujours  « n’ayez pas peur ! » Et voilà que la première lecture commence par ces mots : « tu craindras le Seigneur ton Dieu ».  C’est un ordre.  C’est une obligation.

            Faut-il donc apprendre à avoir peur de Dieu pour être un bon chrétien ? Mais comment peut-on apprendre à avoir peur de quelqu’un ? N’est-ce pas une chose naturelle et spontanée ? Quand brusquement surgit une voiture qui fonce à toute vitesse sur nous, on est tout de suite terrorisés, et même paralysés par la peur.  La peur surgit dès qu’on se sent menacés par une voiture, par la maladie ou par un bruit inquiétant dans la nuit quand on est seuls dans une grande maison.  Non, la peur, cela ne s’apprend pas.  Cela surgit tout seul, spontanément.  Alors quelle est cette peur qu’il faut acquérir pour plaire à Dieu ?

Ce serait plutôt le respect.  On les connaît, ces enfants effrontés, qui n’ont peur de rien et qui se croient tout permis.  Dans la cour de récréation, ils sont là en train de terroriser leurs voisins.  Ils exercent leur tyrannie surtout sur les plus petits et les plus faibles.  Ils n’ont peur de rien, surtout ils n’ont pas peur de faire mal et de faire pleurer.  Il faut alors que se dresse devant eux un éducateur ou un enseignant qui brise leur orgueil et ce cycle de violence.  Il n’y a pas que les petits garçons à se comporter comme cela.  Dans les ateliers et les bureaux, sur la route et même à la maison, il y a toujours des petites terreurs qui se dressent avec leurs ergots.
            Et c’est là un des grands dangers de notre vie, de croire que tout se fera comme on veut, quand on veut, pace qu’on croit être le maître du monde.  C’est alors qu’on détruit tout autour de soi et qu’on se détruit soi-même.

Apprendre la crainte de Dieu, c’est faire preuve d’intelligence et d’honnêteté.  C’est reconnaître qu’on Lui doit tout à Dieu, la vie et l’amour, les fleurs et les amis.  C’est apprendre à dire merci et à respecter tout ce qu’on a reçu : la vie, les autres, la nature.  La crainte n’est pas un esclavage.  Elle crée un cadre de vie où le respect permet à chacun de s’épanouir dans une relation faite d’étonnement réciproque et de complicité affectueuse : nous sommes tous de enfants de Dieu, appelés à grandir sous le soleil de son amour.

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