32ème dimanche ordinaire

Auteur: Philippe Cochinaux
Date de rédaction: 7/11/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

Durant l’année liturgique, nous avons le dimanche de la Sainte Famille, le dimanche de Pâques, le dimanche de la miséricorde, le dimanche de la Pentecôte, le dimanche de la Trinité, le dimanche de la Fête Dieu et aujourd’hui, avec l’évangile que nous venons d’entendre, nous célébrons le dimanche de la Sainte Collecte.  Cette fête n’existe pas encore officiellement mais comme la fête de Dieu a été célébrée pour la première fois à la collégiale Saint-Martin de Liège, je me suis dit que la Sainte-Collecte pouvait être initiée à la collégiale Saint-Jean l’Evangéliste.  Cette nouvelle fête est célébrée pour que plus personne ne puisse se contenter de donner de son superflu lors des collectes mais bien de tout donner si nous souhaitons vivre à la lumière de ce que nous venons d’entendre. 

Mais ce qui est sans doute encore plus marquant en ce dimanche de la Sainte Collecte, ce n’est pas d’abord le don mais la manière dont le Christ le perçoit.  Tout passe par son regard : Jésus regarde.  Il fait donc bien plus que voir.  Il prend son temps.  Il se concentre.  Il contemple.  Et surtout, il cherche à comprendre.  Tout cela pour nous rappeler que regarder un autre être humain n’est jamais anodin mais bien divin si nous choisissons de le regarder avec le regard du Christ.  En effet, en acceptant de regarder quelqu’un, j’entre dans une dynamique de vie où je reconnais la personne comme personne.  Je ne fuis pas son regard ou sa réalité.  Je l’accepte tel qu’il ou elle est.  Regarder un autre être humain, c’est lui donner voire redonner de l’importance.  C’est aussi parfois lui rendre la dignité humaine lorsque celui-ci traverse des périodes troublées de son histoire.  Pourquoi ?  Peut-être parce qu’en le regardant, je choisis de lui manifester de la considération, de le reconnaître comme étant mon semblable en humanité.  Nous partageons quelque chose d’essentiel, nous nous reconnaissons tous deux comme des êtres humains et dans la foi, nous nous reconnaissons comme étant tous deux habités de la présence divine puisque, par essence, nous sommes « images de Dieu ».  Regarder un autre être humain, c’est ainsi choisir de tenir compte de cette part divine existant en chacune et chacun de nous.  C’est accepter d’aller au-delà de nos considérations émotionnelles, d’être capable de dépasser nos premières impressions qui peuvent parfois être négatives tellement cette personne nous semble éloignée de qui nous sommes.  Regarder un autre être humain, c’est le respecter tel qu’il est.  Est-il besoin de nous redire que l’amour de respect est précisément cet amour que Dieu exprime vis-à-vis de chacune et chacun d’entre nous.  En d’autres termes, respecter est une des déclinaisons du verbe aimer. Et ce respect commence donc par un simple regard.  Pour ce faire, nous avons à vivre ce travail intérieur de dépasser les apparences, d’aller au-delà des masques que nous portons les uns les autres pour chercher à vivre une relation de cœur à cœur, cœur à cœur humain, cœur à cœur divin.  Voilà où se situe la veuve de l’évangile.  Elle inscrit sa propre Vie dans le don de l’amour.  Elle se donne telle qu’elle est dans un acte tout simple.  Deux petites piécettes.  Elle nous rappelle ainsi que tout acte posé, tout geste, toute parole lorsqu’il s’inscrit dans l’amour prend tout son sens.  C’est la multiplicité de ces petits gestes quotidiens qui donne sens à nos existences et qui habitent nos êtres d’un sentiment de bonheur intérieur.  Une telle dynamique ne prend sens que lorsque nous donnons le tout de notre être dans la simplicité des actes que nous posons.  Et c’est là qu’il est intéressant de se rappeler que l’histoire de cette veuve s’inscrit au chapitre 12 de l’évangile de Marc, c’est-à-dire peu avant les récits de l’annonce puis de l’arrestation et de la mort de Jésus.  Un peu comme si cet épisode préfigurait le don total du Fils de Dieu.  Une fois encore, dans l’évangile, c’est une femme qui nous fait découvrir l’importance de se donner totalement, entièrement et surtout sans raison si ce n’est celle de l’Amour.  C’est cette femme dont nous ne connaissons même pas le prénom, anonyme parmi les anonymes qui annonce ce qui va suivre et qui, par son attitude, nous redit une fois encore ce que Dieu attend de nous : ne donnez pas de votre superflu, donnez de vous-même dans tout ce que vous accomplissez et surtout faites-le par Amour.  Dieu n’attend rien d’autre de nous : donnons-lui ce que nous sommes et donnons-le dans la manière dont nous vivons les uns par rapport aux autres.

Amen

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