32ème dimanche ordinaire

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 7/11/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

Quel macho, ce prophète Elie ! Il arrive dans un village qu’il ne connaît pas.  Il s’installe à la porte du bourg et il interpelle une veuve, en lui disant : « donne-moi de l’eau ! Donne-moi du pain ! »  Et la pauvre veuve obéit. Dans quelle forme d’esclavage les veuves vivaient-elles donc à l’époque pour accepter de telles injustices ? Et cela ne s’est pas arrangé du temps de Jésus.  Lui-même, quand il traversa la Samarie, interpela une femme qui venait puiser de l’eau.  Il lui dit tout simplement : « donne-moi à boire ! »,  ni plus, ni moins.  Et elle obéit.  Il y a de quoi être révolté et de crier à l’exploitation éhontée des femmes.  Et ce serait avec raison que certains seraient révoltés.

            La Bible contient d’autres récits d’esclaves et de veuves, et ces récits sont parfois surprenants.  Prenez celui de Naamân (2 Rois 5).  C’était un chef de guerre syrien.  Il avait chez lui une femme juive qui avait été enlevée par ses soldats et réduite en esclavage depuis sa jeunesse.  Et Dieu seul sait ce que de tels soldats ont pu faire subir à une jeune fille enlevée et réduite en esclavage.  Et pourtant, quand elle apprit que son maître était lépreux, elle s’exclama : « Ah ! Si mon maître pouvait se trouver auprès du prophète qui est en Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre ! » C’est le monde à l’envers.  Cette femme, humiliée, maltraitée, souhaitait la guérison de son maître.  La réaction naturelle aurait été de se réjouir de la maladie de son bourreau.  Elle aurait même pu avoir du plaisir à le voir pourrir.  Mais non ! Elle souhaita sa guérison.  Elle alla même jusqu’à donner l’adresse du prophète Elie.

            La question est de savoir comment ces femmes bafouées ont peu trouver la force et le courage de répondre poliment au Christ, à Elie et à Naamân.  Cette question ne doit absolument pas servir à maintenir ou à justifier cette situation d’injustice dans laquelle elles vivaient, mais la réponse à cette question pourrait nous éclairer sur la façon dont nous, nous pourrions transformer une situation humiliante en un moment de vie et de résurrection.

            Car ce fut une véritable résurrection que la Samaritaine vécut en acceptant de donner à boire à cet étranger que Jésus était pour elle.  Cette coupe d’eau lui donna l’occasion de réfléchir sur sa vie et de passer de son existence avec cinq maris à la découverte de Jésus-Christ.  De la même façon, la veuve qui avait déposé les deux piécettes avait ainsi décidé de ne plus être la victime de sa misère, mais d’être la maîtresse de son destin et de soulager les plus pauvres.  Il en est de même pour les hommes et les femmes qui o nt connu ou connaissent de grandes épreuves (maladies, séparations, échecs financiers, enfants handicapés, …) et qui, riches de cette terrible expérience, apportent aux autres ce qu’ils auraient aimé recevoir.

            En donnant ces deux piécettes, la veuve n’est pas devenue plus riche financièrement, mais elle était devenue plus grande humainement.  Elle avait fait ce Jésus a fait : donner sa vie pour ceux qui le trahiraient, Pierre et Juda.  C’est ainsi que Jésus cessa d’être victime et qu’il devint la source de vie et de réconciliation pour tous, même ses ennemis.

 

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