19ème dimanche du temps ordinaire (A)

Qui, dans l’évangile que nous venons d’entendre, marche sur les eaux ? Vous me répondrez spontanément Jésus, bien entendu. Mais cette réponse est évidemment incomplète car nous oublions un peu vite que, dans ce récit, Pierre marche également sur les eaux ! « Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus » nous dit l’évangéliste. Pierre s’aventure donc hors de la barque, hors de ses sécurités, hors du groupe, et il marche un moment sur les eaux. Il parvient un temps à ne pas se laisser engloutir par les forces du mal. Tant que Pierre n’est pas gagné par la peur, il marche donc lui aussi sur la mer... Dans le récit que nous venons d’entendre, c’est lorsque Pierre prend peur qu’il commence à couler…

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16ème dimanche du temps ordinaire (A)

Voici encore trois paraboles sur la construction lente et patiente du Royaume de Dieu. Je voudrais m’attarder sur la parabole du Semeur, ce Semeur généreux, semeur à tous vents !déjà entendue dimanche dernier ! Aujourd’hui ce Semeur doit faire preuve de sagesse face à un nouveau problème dans son champ. Un adversaire a tenté de saboter sa semence en semant de nuit l’ivraie (la zizanie). Lorsque les jeunes pousses sortent de terre, on s’aperçoit qu’elles sont mélangées à l’ivraie, herbacée particulièrement nuisible aux céréales. Que faut-il faire ? Voilà la question ! Nous sommes souvent embarrassés devant les choix à faire. Faut-il éliminer, extirper l’ivraie…Cette réponse est néfaste, nous dit l’évangile, car alors on risque de tout détruire, à la fois l’ivraie et le blé. 

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16ème dimanche du temps ordinaire (A)

Il y a quelques jours, j’ai senti monter en moi le désir de lire un roman, précisément parce que celui-ci était absent de la bibliothèque de notre couvent, et qu’il venait d’être emprunté… Le simple fait que ce livre ait été prêté a fait grandir en moi mon désir de lire ce livre plutôt qu’un autre ! L’expérience est classique et ce mécanisme —le désir mimétique— décrit par l’anthropologue René Girard est relativement bien connu. Il y a un désir au fond de nous, qui peut croître en fonction du désir de l’autre. Nous le savons, le désir de l’autre ravive le nôtre. Il suffit parfois qu’un objet soit désiré pour qu’il devienne l’objet de mon désir. C’est dans ce mécanisme-là, dans cette convoitise et cette imitation, que René Girard place les racines de la violence, du mal entre les humains.

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15ème dimanche du temps ordinaire (A)

Avez-vous remarqué que —du point de vue de la rentabilité— il n’y a pas pire investisseur que le semeur de cet évangile ! Il ne fait aucune distinction entre les terrains ! Il sème à tous vents, sans prêter attention au résultat possible, sans penser à choisir le meilleur terrain, le plus rentable, le plus fertile ! Il jette du grain partout, sans peur de le gaspiller. N’est-ce pas l’attitude de Dieu envers nous ? Il donne, inconditionnellement, envers et contre tout, sans tenir compte de nos mérites, sans mettre les humains dans des catégories… Oui, Jésus, envoyé du Père, est venu dans le monde pour semer sa parole. Et il la sème partout car il veut que cette parole atteigne tous les cœurs.

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14ème dimanche du temps ordinaire (A)

Voilà un conseil tellement plus facile à dire qu'à vivre ! Surtout, lorsque nous avons l'impression que tout nous tombe dessus. Cependant —si on y réfléchit— prendre le joug d’un autre, n’est-ce pas justement accepter de se dessaisir d’une partie de nous-même, de ce qui nous pèse peut-être, pour nous lier à un autre ? Il s’agit d’accepter qu’un autre porte, avec nous, ce que nous avons à porter. Au sens premier, le joug n’est pas ce qui pèse ou fait peser, mais ce qui relie, ce qui attache. Qu’est qu’un joug, sinon ce qui nous impose de ne pas avancer tout seul ? Qu’est-ce qu’un joug, sinon cette pièce de bois, —comme une croix—  qui nous rappelle que la vie n’a de sens que si elle est reliée...

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Pentecôte

« Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par peur».

Il n’y a pas que les petits enfants qui se réfugient dans leur chambre. Les Apôtres, eux aussi, ont fermé la porte à double tour et se sont enfermés, comme s’ils voulaient ne voir personne. Nous le savons, il y a des confinements nécessaires —aussi difficiles qu’indispensables— mais il y a toutes ces fois où nous nous enfermons intérieurement. Pas simplement pour fuir. Mais seulement pour ne pas affronter la réalité, par manque de courage ou de force…

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Ascension du Seigneur

“Est-ce qu’il s’était trompé de style ? ».  J’étais complètement surpris, follement enchanté lorsque je lisais un article de sa main qui cette fois-ci était vraiment lisible et irrésistiblement compréhensible.

Contrairement à son habitude, notre cher frère Edward Schillebeeckx avait introduit son texte avec le récit d’une expérience toute particulière et personnelle. Des amis lui avaient offert un vol dans un Concorde. Lorsque la machine monte très haut, presque au-dessus de la lumière, il voit en dessous de lui la terre toute splendide, lumineuse, source abondante de la lumière, lumière venant de notre monde d’une brillante clarté, tandis que au-dessus de lui, le ciel est tout noir, obscurité opaque, impénétrable. Image qui évoque comment le monde, devient le lieu où la lumière de la révélation se manifeste. C’est à partir de ce lieu, notre maison, que s’élève la lumière. Bel image, comme un leitmotiv qui nous rapproche immédiatement de la vie du Christ et de la célébration de son Ascension.

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Hemelvaart

Hemelvaart en verandering van gedaante

“Had hij zich van stijl vergist ?” vroeg ik me af, toen ik bijna bedwelmd opgetogen een artikel van hem las: het was dit keer echt leesbaar en bovendien onweerstaanbaar begrijpelijk. Tegen alle gewoonten in opende onze goede confrater Edward Schillebeeckx zijn tekst met een persoonlijke ervaring die zou uitgroeien tot een leidmotief. Vrienden hadden hem een reis in een Concorde geschonken en heel hoog daarboven, zag hij onder zich de aarde, onze woning, licht uitstralen, vol luister, schitterend, terwijl boven zijn hoofd de hemel zwart was, compacte duisternis waar geen oog doorheen kan kijken. Beeld dat hem geschonken werd waarbij de wereld oord is geworden van het Licht van de openbaring.

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